La location de logements pour de courtes durées à Paris fait l’objet d’un encadrement strict depuis plusieurs années, avec des règles renforcées en 2025. Cette réglementation vise à concilier l’essor de l’économie collaborative et la préservation du parc immobilier résidentiel. Décryptage des principales mesures en vigueur.
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La réglementation parisienne
La loi Le Meur et le plafond de 90 jours
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, Paris a abaissé le plafond annuel de location pour les résidences principales à 90 jours (contre 120 jours auparavant). Cette mesure, issue de la loi Le Meur, s’applique aux logements occupés plus de 8 mois par an. Les plateformes comme Airbnb doivent désactiver automatiquement les annonces dépassant ce seuil.
Pourquoi cette réduction ?
Elle répond à une volonté de limiter la transformation de logements permanents en hébergements touristiques, jugée responsable d’une pénurie de logements à loyer modéré. Les communes peuvent désormais adapter le plafond selon leur contexte local.
Résidence principale vs résidence secondaire : des règles distinctes
Définitions légales
- Résidence principale : logement occupé au moins 8 mois par an.
- Résidence secondaire : logement utilisé moins de 8 mois/an, sans restriction temporelle de location.
Obligations spécifiques
Pour les résidences principales :
- Déclaration obligatoire en mairie avant toute location.
- Numéro d’enregistrement à mentionner dans les annonces.
- Blocage automatique par les plateformes au-delà de 90 jours.
Pour les résidences secondaires :
- Aucune limite de durée, mais une déclaration préalable dans certaines communes (ex. : Paris, Lyon).
- Autorisation de changement d’usage obligatoire dans les zones tendues (ex. : Paris intra-muros).
Les obligations des plateformes

Rôle de contrôle renforcé
Les plateformes doivent :
- Vérifier le statut du logement (résidence principale/secondaire) via une déclaration sur l’honneur du propriétaire.
- Compter les nuits de location et bloquer les annonces dépassant 90 jours pour les résidences principales.
- Transmettre les revenus à l’administration fiscale, sous peine d’amende (5 % des sommes non déclarées).
Sanctions en cas de non-respect :
- 12 500 € d’amende par annonce non conforme (absence de numéro d’enregistrement).
- 50 000 € d’amende pour les plateformes ne bloquant pas les locations excédant 90 jours.
Les sanctions pour les propriétaires
Amendes et pénalités
- Dépassement du plafond de 90 jours : amende civile pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.
- Absence de déclaration en mairie : amende de 5 000 € pour le propriétaire.
- Location sans autorisation de changement d’usage : sanctions pénales et risque de fermeture du logement.
Cas particuliers
- Copropriétés : l’assemblée générale ne peut interdire la location meublée de courte durée (décision du Conseil constitutionnel).
- Locataires : sous-location interdite sans autorisation du bailleur, sous peine de résiliation du contrat.
Les implications fiscales
Régime de taxation
- Résidence principale : imposition sur les revenus locatifs via le régime micro-fiscal (si revenus < 15 000 €/an).
- Résidence secondaire : option entre régime micro-fiscal et régime réel (déduction des charges).
Déclarations obligatoires
- Déclaration annuelle des revenus à l’administration fiscale via les plateformes.
- TVA : applicable si le logement est considéré comme un meublé de tourisme (classement obligatoire).
Les zones géographiques concernées

Paris et sa couronne
- Paris intra-muros : compensation obligatoire pour les changements d’usage (ex. : rachat de locaux commerciaux).
- Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne : réglementation stricte pour les communes de plus de 50 000 habitants.
Autres villes françaises
- Villes de plus de 200 000 habitants : autorisation de changement d’usage souvent requise.
- Zones tendues : procédures renforcées pour limiter la conversion de logements permanents en meublés touristiques.
Les réactions des acteurs
Les plateformes
Airbnb et ses concurrents ont mis en place des systèmes de décompte automatique des nuits et de blocage des annonces pour se conformer à la réglementation parisienne. Certaines contestent cependant la légalité de ces mesures devant les tribunaux européens.
Les propriétaires
- Avantages : optimisation des revenus locatifs pendant les périodes de vacances.
- Inconvénients : complexité administrative accrue et risque de sanctions en cas de non-respect.
Les associations
Les défenseurs du logement social dénoncent une pénurie accrue due à la conversion de logements permanents en meublés touristiques. Les partisans de l’économie collaborative soulignent, quant à eux, les bénéfices économiques pour les propriétaires et les communes.
La réglementation parisienne sur les locations de courte durée reflète un équilibre délicat entre liberté économique et préservation du parc immobilier. Avec le plafond abaissé à 90 jours pour les résidences principales, les obligations renforcées pour les plateformes et les sanctions alourdies, Paris cherche à limiter les abus tout en permettant une activité touristique dynamique. Les propriétaires doivent désormais naviguer dans un cadre juridique complexe, où chaque erreur peut entraîner des conséquences financières lourdes.

